La Coopérative de Mai

Passage Obligé

Elle est là depuis près de vingt ans, elle fait partie du paysage, et pourtant, n’allez pas croire que l’imposante Coopérative de Mai, ou la Coopé pour les intimes que vous ne tarderez pas à devenir, fait son âge. Vingt ans, c’est encore l’adolescence, et soir après soir, le lieu persiste à prouver qu’il n’a rien oublié de son intention première : accueillir pas moins de 130 concerts dans l’année, soutenir la scène locale, promouvoir les initiatives et l’action culturelle… Dans les faits ? Elliott Smith, The National, Marianne Faithfull, ou encore Morrissey s’y sont produits, tout comme Cocoon, Jean-Louis Murat, Mustang, Noir Désir, Jain… Les White Stripes y ont joué, à leurs débuts, devant 200 personnes à peine. Alain Bashung y a fait son grand retour avec la tournée des Grands Espaces après sept ans d’absence. Plus récemment, Vald invita sur scène 400 personnes du public, vidant ainsi les gradins. Le patron, lui, se souvient avec émotion d’avoir partagé un café avec Patti Smith au petit matin dans son bureau. En fait, la Coopé n’est pas une, elle est plusieurs. Elle est le coup de projecteur plus que bienvenu sur les jeunes projets (et accueille en ses murs de nombreuses associations), tout autant qu’elle est le rendez-vous incontournable des méga stars (Jared Leto s’y est arrêté avec son groupe Thirty Seconds To Mars, tout comme Muse et Indochine).

La Coopé, de même, n’est pas une salle, mais deux. Le Club, appelé la Petite Coopé, à la fois intime et bouillonnante, peut accueillir près de 500 personnes. La Grande salle, elle, avec sa capacité de 1500 places, accueille les plus grandes et belles productions nationales et internationales. Lors de votre passage sur Clermont, impossible que le lieu ne vous propose donc pas un concert selon votre coeur, intimiste ou tonitruant. Parfois même un concert gratuit. Mais au-delà de la musique, La Coopérative de Mai s’inscrit dans le patrimoine culturel, social, et politique de la région. En effet, le bâtiment abritant la Coopé se tient dans la toute première rue au monde à porter le nom de Serge Gainsbourg, sur le terrain occupé auparavant par l'ancienne coopérative Michelin, un grand magasin destiné aux ouvriers. Un poumon économique pour la ville, aujourd’hui devenu lieu de célébration, de fête et de découvertes.

Nico Prat