Le Saint Eutrope

Quand Harry rencontre Ali

Elle s’appelle Ali Johnson. Il s’appelle Harry Lester. Des noms d’espions britanniques, presque, en tout cas des patronymes qui claquent et qui sentent bon l’Angleterre. Et justement, Harry et Ali sont des londoniens pur jus, qui décidèrent un jour de changer d’air. Après avoir ouvert une auberge en Région Centre-Val de Loire, dans un village du nom du Chassignolles (ville de naissance, pour les amateurs, de Dominique Bijotat, un ancien footballeur international), le couple et leur petite famille décidèrent, en 2013, de partir à la découverte de l’Auvergne pour y créer une nouvelle enseigne, le Saint Eutrope, dans une petite rue près de la place Gaillard. Qui est devenu, disons le franchement, l’un des meilleurs restaurants de la ville. Il y a d’abord cette décoration, cette ambiance, faite de boiseries à l’ancienne et de lustres boules. Les tables sont nappées de blanc. Et puis il y a la carte. Harry sait trouver les mots : selon lui, sa cuisine s’inscrit dans la tradition française, parce qu’elle est réfléchie et travaillée. Au-delà du fait qu’un peu de flatterie n’a jamais fait de mal à personne, difficile de donner tort au chef.

Commençons par la carte des vins. Organisateur de la Fête du vin à Chassignolles, Harry, forcément, connaît le circuit bio et bon, et propose donc un large choix, sans cesse renouvelé, et une grande carte de France est accrochée au mur du restaurant, situant l’origine des breuvages du jour. Du côté des assiettes, même plaisir d’offrir, même joie de recevoir (y compris l’addition, avec entrée, plat et dessert à 21 euros). La carte, toujours simple et raffinée, change régulièrement, mais la dégustation de leurs tripes est absolument INDISPENSABLE. Et si vous en voulez encore, ou que le Saint Eutrope est complet (ce qu’il est souvent, la réservation est conseillée) alors sachez qu’Harry et Ali ont transformé le local mitoyen en une sorte de petite buvette. Les assiettes y sont plus petites, mais les vins tout aussi bons. Ali et Harry sont des magiciens !

Nico Prat