Les Augustes

Les boiseries de la devanture sont à elles seules une invitation à entrer. On pousse donc la porte et… Et au premier coup d’œil, on se dit que ça aurait été vraiment chouette si Kandinsky et Hopper avaient peint un tableau à quatre mains. On se dit aussi que le grand Robert Giraud, accompagné par son copain Robert Doisneau, aurait adoré s’accouder au bar et commander un verre de rouge avant d’entamer la conversation. Avec son (presque) quart de siècle au compteur, le café-lecture Les Augustes dévoile un intérieur pimpant et accueillant, entre charme suranné et petites touches de modernité – et voilà que l’on pourrait se prendre pour la vedette d’un film en version colorisée. Alors, on s’installe, et au gré de son humeur et de ses envies, on commande un verre, une boisson chaude, une salade ou une assiette avant de choisir dans les rayonnages un livre, un journal, un magazine.

 

 

À l’écart des grands axes clermontois – mais à quelques pas de la place Gaillard –, ce café associatif animé par des bénévoles avec des idées plein la tête et des cœurs gros comme ça se veut un véritable « lieu de culture et de citoyenneté ». Pari réussi tant il déborde d’énergie, comme en témoigne une programmation quotidienne ébouriffante, où au gré des après-midis et des soirées on part à la découverte de cultures bigarrées, on participe à un atelier d’écriture, on apprend à jouer du ukulélé, on reprend les paroles d’un refrain entonné par les musiciens. À l’image d’un public « intergénérationnel, interculturel et engagé », les discussions vont bon train, les échanges sont passionnés, les sourires et les rires font partie des passages obligés. Dès que l’on franchit la porte des Augustes, on est en fait bien plus qu’un simple client : on devient un acteur à part entière de ce lieu pas tout à fait comme les autres, ouvert à tous ceux qui ont fait de la passion et de la curiosité leurs raisons d’être.

 

Christophe Basterra